Le Chat fut découvert un beau matin d’hiver devant la porte d’un lieu dénommé « Le Refuge » dans les années 90. En mal d’inspiration ou pour souligner la quintessence de sa personne, l’équipe fondatrice ne put se résoudre à lui donner un nom somme toute commun. Il resta donc pour tous le Chat.
Le Chat fit très vite preuve d’une dextérité peu commune avec un appareil photo. L’œil du Chat capturait le quotidien du Refuge comme nul autre n’aurait pu le faire, fut-il humain.
Longtemps il se chargea de promouvoir le lieu qui l’avait recueilli.
Mais un jour, il ne put contenir ce fourmillement incessant qui lui montait dans les pattes. Il fallait qu’il bouge et découvre le monde dans lequel il était né.
Il disparut en Asie pour vivre de ses passions. Le voyage. La photographie.
Le mystère s’épaissit au fur et à mesure du temps qui s’écoule.
Plus personne ne sait vraiment qui est le Chat. Est-ce une légende qui circule ?
Une recherche minutieuse a permis de mettre à jour des coïncidences troublantes.
Son assistant (qui se fait appeler Bacri), d’après certaines sources qui se veulent bien informées, ne serait autre que Gil Chamberland, fils de Madame Métin, fondatrice du refuge de Beauregard dans la Nièvre et frère de l’actuelle présidente du Refuge.
Pour certains, Chamberland serait un prête-nom du Chat, un porte appareil-photo.
Pour d’autres leurs déplacements similaires dans le monde ne seraient que le fruit du hasard.
Hasard également leur caractère similaire, taciturne (mais les chats ne le sont-ils pas tous ? ), buveur de café, râleur invétéré allergique au politiquement correct et à l’hypocrisie.
Tout le monde s’accorde à dire que les nombreuses expositions dans la Nièvre sont des images prises par Le Chat. Les connaisseurs sont unanimes pour reconnaitre que la couverture du hors-série chats de Géo porte sa griffe.
Quand on lui pose la question, Chamberland semble ne pas comprendre. C’est à peine s’il consent à confirmer du bout des lèvres en avoir entendu parler. Il n’en dira pas plus.
Mythe ou réalité, le Chat continue d’accumuler les projets, photographiant ses condisciples, se faufilant dans la vie des écoliers ou s’extasiant sur les fleurs.
Le chat a sa besace pleine de projets à éditer :
- Les chats du Refuge (portraits de chats dans leur quotidien, sans grille ou misérabilisme)
- Les vaches sacrées (Les vaches dans leur milieu rural ou citadin mais toujours colorées)
- Les Enfants de Demain (Ecoliers Indiens heureux d étudier grâce à une association)
Tout cela financera le projet futur.
Mais pour le lecteur qui s’extasie sur les images, la question demeure : « Mais qui est donc le Chat ? ».




















